Moto

Road trip Alpes Aventure Motofestival – Partie 2

De
le
25 octobre 2020
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Septembre 2020, encore de retour dans les Alpes ! A la fois pour participer à la 4e édition de l’Alpes Aventure Motofestival mais aussi pour gravir quelques cols avec la frontière italienne que j’avais évité en juillet en période post confinement. 7 jours, 1700 km et 70 l de carburant, voici en trois chiffres le bilan de cette nouvelle aventure.

Le récit

Jours 1-2-3

Rendez-vous sur la première partie de cet article.

Jour 4 : En route pour le Queyras (Vars, Izoard, Agnel, Échelle)


Lundi matin, fin du week-end pour à l’Alpes Aventure Motofestival à Barcelonnette et direction le Queyras dans les Hautes-Alpes. La journée va permettre d’emprunter quelques cols de la Route des Grandes Alpes ou RGA (Vars et Izoard) mais aussi des cols que je découvre pour la première fois avec la frontière italienne (Agnel et Echelle).
Les premiers paysages sont ceux de la D902 le long de l’Ubaye. Première étape au Col de Vars avec une vue, certes dégagée, mais qui permet de découvrir que les nuages sont bien présents dans les sommets des alentours. Un début de semaine qui s’annonce moins radieux que le week-end passé. Un col classique, sans difficulté mais pas encore surchargé sur la route. Même le photographe attitré n’est pas encore sur place. La station de ski ressemble à un village fantôme, à part quelques chantiers de construction, il n’y a pas grand monde sur place. La saison estivale est bien terminée. Petite astuce fort sympathique pour les motos avec un petit réservoir : la station service a du SP98 et à des prix très compétitifs par rapport à Barcelonnette !
Dans la vallée, à Guillestre, plutôt que de poursuivre directement sur la RGA, je continue sur la D947 en passant par Château-Ville-Vieille et Fort Queyras avec un beau château qui domine le secteur. Il est possible de faire un tour par Saint-Véran un des plus hauts villages habités d’Europe mais cela est un cul-de-sac. Ça sera sans moi. Il faut suivre Molines-en-Queyras sur la D5 pour rejoindre le Col Agnel ou Colle dell’Agnello en italien car cela marque la frontière avec l’Italie.
Les premiers marquages au sol piano (lentement en italien) commencent à fleurir sur le bitume. Première fois dans ce secteur et je suis surpris : la route (D205 et D205T) est presque interminable pour rejoindre le fond de vallée mais reste désespérément plate. En réalité, il faut attendre les derniers kilomètres avant d’attaquer l’ascension …dans la brume ! A noter que cette route est souvent réservée aux vélos, c’était le cas la veille (un dimanche). Vérifiez avant de partir que la route est bien ouverte à tous.

Colle dell’Agnello, sous la brume

Avec une température de seulement 6°C selon le tableau de bord, je n’ai pas pu résister à allumer les poignées chauffantes. Au sommet, aucune vue, tout est dans le brouillard. L’arrivée d’une horde d’italiens en GS me fait redescendre pour rester en France. Visiblement cette situation cocasse a beaucoup plu : en quelques heures la photo est devenue la plus populaire sur mon compte Instragram sur 12 mois glissants ! J’avais prévu de rouler sur la portion italienne pour rejoindre un lac en contrebas (Lago di Castello) mais je préfère annuler par rapport aux conditions météo. Première déconvenue du road trip !
Prochaine étape, le Col de l’Izoard. Un classique sur la RGA, je connais bien ce coin et je sais qu’il y a une quantité de tables de pic-nic sur le bord de la route. Ça sera donc l’occasion de s’arrêter à Arvieux pour manger une pizza ! Pour une fois, pas de repas froid, je profite de ma journée de « transfert » à mi-parcours du road trip pour me permettre un petit extra. Et comme le trajet de la journée n’est pas si long, impossible d’arriver à l’hôtel trop tôt, autant en profiter. La stèle de l’Izoard est toujours une zone sans cadrage : les gens se garent n’importe où, s’assoient dessus. Bref, impossible de faire une belle photo du monument sans avoir un élément perturbateur. A quand un aménagement du col avec un parking à l’écart ?

Montée pour le Col de l’Izoard

Descente vers Briançon par Cervières avec une route plus champêtre et à l’ombre.
Dernière étape de la journée : la Vallée de la Clarée et Névache sur la D994G. Un petit détour par la D1T permet de rejoindre le Col de l’Echelle. Vous avez déjà vu un col en forêt, sur une route toute plate et sans vue ? Le Col de l’Echelle répond exactement à cette définition. Il faut continuer quelques kilomètres supplémentaires pour commencer à redescendre dans une vallée. Et la frontière ? Toujours pas en vue, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’elle soit « au sommet ». Oui, je découvre ce secteur et je suis surpris de la géopolitique locale. Il faut redescendre jusque dans la Vallée Etroite pour arriver en Italie à Bardonèche (Bardonecchia).
Les amateurs de off-road connaissent bien cette région italienne : c’est proche du Col du Sommeiller, du Col du Finestre (Colle delle Finestre) et du Colle dell’Assietta. En solo et avec mes bagages, ça ne sera pas au programme de cette journée.
Voilà qui termine cette 4e étape et qui lance la deuxième partie du road trip dans les Hautes-Alpes / Savoie.

Jour 5 : Vallée de la Maurienne et Lac du Mont Cenis


Mardi, 5e jour, c’est vraiment parti pour la deuxième moitié du road trip dans les Alpes. Au programme de la journée, une boucle de presque 300 km en 6 heures. Départ de Briançon sur la D1091 pour rejoindre l’Isère par le Col du Lautaret.
Après un passage devant le glacier de la Meije et la Grave, arrivée le long du Lac du Chambon. En 2017, lors d’un précédent road trip, cette route avec un long tunnel était fermée pour travaux et une déviation par la « route de secours » (RS1091) était obligatoire. Plutôt que de rejoindre la vallée vers Le Bourg-d’Oisans, je décide de prendre de la hauteur pour suivre les panneaux (D211A) menant à la station de ski de d’Auris en Oisans. Et quelle route ! Très étroite, en hauteur et avec pas mal de petits tunnels, ça valait vraiment le détour.

Pause déjeuner dans les stations du Val Cenis

Suite de la journée pour rejoindre la Vallée de Maurienne en passant devant le Lac de Verney (D44c) et le Barrage de Grand’Maison (D526). Un barrage bien intégré au paysage : au lieu de plaques de béton brut à la verticale, ici la structure est recouverte de rochers. De loin, le camouflage est réussi. J’étais déjà passé par là en 2018 sans savoir qu’il s’agissait d’un barrage et l’illusion d’avoir en face de soi une vraie montage était réussie.
Arrivée en Savoie avec deux cols : Col du Glandon (dont je fais l’impasse) et Col de la Croix de fer. Ici, on roule sur les pistes du domaine des Sybelles (6 stations dont Le Corbier, Saint-Sorlin-d’Arves, Saint-Jean-d’Arves et La Toussuire) que je connais bien en hiver.
La suite est clairement la partie ennuyante de la journée le long de l’Arc avec un passage par Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Michel-de-Maurienne et Modane sur la D1006, parallèle à l’A43. Cela permet de rejoindre les villages du Val Cenis. On se retrouve sur la D902 qui, pour tous les départements alpins hors métropole de Nice, correspond à la RGA juste après le Col de l’Iseran dans le sens nord-sud. Après une pause déjeuner sous les télésièges, direction le Mont Cenis. Justement, les années passées je souhaitais faire la RGA en suivant le tracé officiel, j’avais donc zappé le Mont Cenis jusqu’à cette année. Une montée assez facile, en forêt avec des panneaux qui indiquent les pistes de ski plutôt que les directions.

Lac du Mont Cenis avant la frontière italienne

Au sommet du Col du Mont Cenis, à 2085 mètres d’altitude, on découvre enfin le lac et sa couleur bleue si caractéristique. Beaucoup de monde, mais aussi beaucoup de vent sur le bord de la route pour se prendre en photo. L’occasion d’apercevoir de nombreux chemins de terre à l’ouest du lac. Je reste sur la D1008, à l’est, pour rejoindre l’Italie sur la route goudronnée.
L’arrivé en Italie dans la région du Piémont est assez contrastante. Si autour du lac il y avait beaucoup de monde, sur les routes italiennes (SS25), on a l’impression de traverser une vallée fantôme. Beaucoup de maisons fermées ou en ruine. Arrivée dans une grande ville, Suse (Susa) puis Oulx (SS25). Comme à la Lombarde, je ne suis pas serein de rouler dans un pays étranger. Peur d’avoir un accident de la route, d’avoir un contrôle de vitesse ou peur de rester coincer dans ce pays pour un problème mécanique. Oui, ce secteur est tout proche du Col du Sommeiller, le Col du Finestre (Colle delle Finestre) ou le Colle dell’Assietta, mais comme hier après le Col de l’Echelle, je ne préfère pas m’aventurer en off-road en solo surtout après une grosse journée de route.
De retour en France à Montgenèvre pour rejoindre Briançon par la N94, comme hier, en roulant le long de la Durance. Demain, nouvelle journée peu chargée en kilomètre autour de Briançon.

Jour 6 : Les cols du Briançonnet (Granon, Galibier, Lautaret)


Mercredi 9 septembre, 6e jour du road trip. C’était un jour que j’avais gardé en cas de problème météorologique les jours précédents. Je n’avais aucune trace prévue. J’ai mis à profit cette journée pour me balader autour de la ville de Briançon.
Première étape, de retour sur la D1091 pour rejoindre le Col du Lautaret, comme la veille. Mais cette fois-ci, profitant d’être sur place assez tôt je grimpe pour le Col du Galibier sur la D902. C’est tôt, certes, mais le photographe attitré est déjà sur les lieux. Je suis d’ailleurs la première moto de la séance photos du jour et finalement futur client comme on peut le voir sur ce cliché acheté à mon retour.

Montée pour le Col du Galibier

Rien à signaler pour le Galibier. C’est un col très connu, sûrement trop. Et plus un col est populaire, moins ça me donne envie d’y rester. J’ai d’ailleurs pris des photos beaucoup plus sympas en descendant côté Valloire plutôt que de rester devant la pierre du col à contre-jour. Et si je connais bien le col (un passage par an depuis 2017), je n’avais jamais pris le tunnel au niveau du refuge. Ca sera donc l’occasion de le prendre.
J’aurais pu aller jusqu’à la station de Valloire car je sais que la route est assez sympa mais c’était de toute manière un itinéraire sans issue pour moi puisque je devais retourner sur Briançon. Le ciel étant déjà menaçant, je préfère ne pas m’attarder.

Col de Granon

Deuxième objectif de cette petite journée : découvrir le Col de Granon à 2404 mètres d’altitude par la D234T via Chantemerle. A l’opposé d’un Galibier, c’est un col vraiment peu connu. Confirmation via un sondage sur Instagram.
Certes, c’est un cul-de-sac routier et même s’il y a quelques pistes en terre qui permettent de rejointe la Vallée de la Clarée, elles sont « interdites » car il s’agit d’une zone militaire. Il y a d’ailleurs le camp des chasseurs alpins au sommet.
Quel plaisir de rouler sur un col avec si peu de voiture et de vélo. La vue est sûrement sympa mais pas ce jour là avec la mauvaise météo. La redescende permet de voir les différentes pistes des stations de ski de Serre-Chevalier.
Cette journée marque la fin de mes vacances. Demain retour sur Montpellier mais il y aura quand même des paysages à découvrir sur la route ! Rendez-vous pour la suite de l’aventure dans la section du jour 7.

Jour 7 : Col de Pontis et Gorges de la Méouge


Jeudi 10 septembre, il est tant de raccrocher les valides latérales SW Motech et de rentrer chez soi. Mais même s’il s’agit d’un trajet assez roulant, je vais en profiter pour passer par quelques coins sympas. Tout commence par la N94 le long de la Durance qui alimente le Lac de Serre-Ponçon, avec l’Ubaye.
La D954 et D7 forment la limite entre les Hautes Alpes et les Alpes de Haute Provence. C’est aussi la route qui mène à Pontis et au Col de Pontis (1301 m). Ce col est connu pour avoir un beau point de vue sur le lac. Sauf que le point de vue n’est pas au sommet du col mais pendant l’ascension, chose que je n’avais pas en tête ! La horde de vélos à l’arrêt sur le bord de la route aurait du m’alerter. Tant pis pour des belles photos en statique avec la moto devant l’étendue d’eau. Heureusement par ma GoPro au casque filme tout ce que je vois.
La redescente dans la direction de Barcelonnette est un succession d’épingles dans une route très étroite. J’ai vraiment l’impression de retrouver mes petites routes des Cévennes. Le point de vue, sur l’Ubaye, est finalement pas si mal de ce côté. Avec le recul, il aurait été préférable de faire ce col dans le sens inverse : du sud est vers le nord ouest.
La deuxième partie du parcours n’est pas forcément très touristique. Je rejoints la Drôme par la D542 en passant par les Gorges de la Méouge. Très bonne surprise, je ne m’attendais à découvrir ces petites gorges après quelques heures à rouler sur des départementales sans intérêt. Suite dans le parc naturel régional des Baronnies et le village de Buis-les-Baronnies (D546, D5). Je passe par Malaucène au pied du Ventoux mais je zappe l’ascension vers le Mont Chauve (Ventoux) toujours en travaux au sommet jusqu’en 2021.
Fin du parcours en passant entre Orange et Avignon pour passer sur le Rhône (Tavel, Rochefort, Remoulins) et long du Pont du Gard. Retour dans l’Hérault avec une petite pluie pour m’accueillir après presque 400 km et 7 heures de route pour cette dernière étape.


Voilà qui termine ce road trip 2020 dans les Alpes. Pour moi, cela a été mon plus long séjour à moto, sur 7 jours et 1700 km. J’ai beaucoup aimé le fait d’être sédentaire avec uniquement deux adresses différentes. Cela permet de voyager plus léger (sauf la journée de transfert) et d’adapter ses sorties en fonction de la météo ou de la fatigue. Car faire un road trip itinérant avec ne nouvelle destination chaque soir, impose un rythme et une cadence à tenir. En montagne et pendant les vacances, les imprévus sont nombreux. A la fois pour les travaux avec des routes fermées ou aussi pour des sections réservées pour certaines manifestations, mais aussi de manière plus intermittente avec des fermetures pour des coulées de boues. Cette fois çi, j’ai été assez chanceux avec aucun imprévu contrairement en juillet dernier !
Ce road trip est aussi le cinquième dans les Alpes depuis 2017 et le troisième consécutif dans ce massif. Je pense que pour les prochaines sorties, il faudra que je change un peu de secteur. Pourquoi pas les Pyrénées du côté de l’Andorre que j’avais tant apprécié en 2017 ? L’Auvergne également reste une destination très prisée pour les motos. Quant à la Corse dont on me parle souvent, l’île ne figure pas en haut de ma liste, je préfère me concentrer sur des destinations continentales.

Road book

Julien
Montpellier, France

Originaire du sud de la France, je partage à travers ce blog mes balades moto.