Moto

Road trip Alpes Aventure Motofestival – Partie 1

De
le
27 septembre 2020
Temps de lecture estimé : 7 minutes
image_pdfGénérer un PDF

Septembre 2020, encore de retour dans les Alpes ! A la fois pour participer à la 4e édition de l’Alpes Aventure Motofestival mais aussi pour gravir quelques cols avec la frontière italienne que j’avais évité en juillet en période post confinement. 7 jours, 1700 km et 70 l de carburant, voici en trois chiffres le bilan de cette nouvelle aventure.

Le récit

Jour 1 : En route pour l’Alpes Aventure Motofestival


Vendredi 4 septembre, c’est le grand départ vers les Alpes. Et si j’étais allé dans le même secteur en juillet dernier, ce n’est pas une « erreur ». En effet, à l’époque je savais que la 4e édition de l’Alpes Aventure Motofestival avait lieu en septembre et j’avais même prévu des jours de congés pour m’y rendre. Mais dès le mois de juillet, j’ai préféré partir profitant d’une belle météo plutôt « qu’attendre » septembre et subir une éventuelle annulation de dernière minute à cause de la situation sanitaire.

Col du Labouret, en route vers Barcelonnette


Depuis Montpellier et pour rejoindre les Alpes du Sud sans prendre l’autoroute, le parcours est finalement toujours le même. Camargue, Provence, Lubéron, etc. Passage par Apt et Digne-les-Bains pour arriver au sud du lac de Serre-Ponçon par le D900. Le tracé initial prévoyait de passer par le Col Saint Jean, un des sept cols de la vallée de l’Ubaye. Mais c’était sans compter sur un éboulement survenu deux jours avant. Une déviation est alors mise en place par la D900c et les Gorges de la Blanche. Belle surprise !
Arrivée autour de Barcelonnette en fin d’après-midi et les groupes de motards en gros trails européens et à la conduite perfectible font leur apparition sur les routes. De mon côté, j’ai choisi un logement à quelques minutes de la ville, sur les hauteurs au niveau de la station de ski de Sauze. Et si la route D209 qui mène à Sauze et Super Sauze est un cul-de-sac, elle a été choisie par de nombreuses marques pour faire des courts essais routiers. Bref, pour le week-end, ce secteur est clairement la destination moto !

Jour 2 : Initiation off-road Ducati et balade en groupe


Samedi 5 septembre, premier jour réellement dédié au festival. Le programme pour moi : faire le tour des stands, aller sur le terrain off-road Ducati et profiter de l’excellente météo pour faire une balade dans le secteur. J’avais tout annoncé sur Instagram en Story pour provoquer quelques rencontres sur place.
Pour le festival, j’ai été surpris du nombre de marques / exposants présents sur place ! Presque tous les constructeurs moto, y compris les petits, tous les accessoiristes avec de la bagagerie, GPS, intercoms, airbags, casques et même des organisateurs de voyages. Malgré une année délicate d’un point de vue sanitaire, voir que de nombreuses marques ont maintenu leur présence sur place est remarquable. Le public était également très présent, surtout la matinée du samedi.
Il était possible d’effecteur des essais sur route. La majorité des marques avait organisé des rendez-vous en ligne pour limiter les contacts. Mais c’est assez incompréhensible de voir que certaines avaient préféré prendre des rendez-vous uniquement sur place avec de longues files d’attente sans distanciation dès 9 heures du matin pour espérer avoir un rendez-vous. Pour avoir croisé de nombreux groupes en essais, je ne regrette pas de ne pas en avoir fait ! Envoyer une meute d’une douzaine de motards dans des cols surchargés par un week-end ensoleillé n’est pas à ma définition du plaisir sur la route. Autant aller dans la concession près de chez soi pour faire un essai en solo.
On reste également sur un salon commercial : les marques sont là pour vendre. Dans le cadre d’un road trip, je me voyais mal repartir avec un nouveau casque ou un nouveau sac malgré les prix salons.
J’avais choisi de m’inscrire à l’initiation off-road Ducati avec la Multistrada 950 S. Il était aussi possible de choisir une 1260 Enduro. Pourquoi ce choix ? Etant client Ducati, je me sentais légitime pour rencontrer la marque, mais aussi car la Multistrada 950 est une potentielle remplaçante à ma Desert Sled pour 2021. Pouvoir essayer une moto en dehors de la route et avec la présence de Beppe Gualini de DRE Enduro Academy est assez unique.
Si Ducati a organisé une tournée en France cet été, seule l’étape à Barcelonnette avait cette composante tout-terrain. Après une heure d’exercices sur l’herbe et avec de précieux conseils, l’expérience est concluante. J’avais « peur » du gabarit de la moto et finalement aucune chute à signaler. J’ai bien aimé le côté technologique du tableau de bord et le démarrage sans clé. Petit bémol, je m’attendais à plus d’obstacles comme des tas des terres. Ici, uniquement de l’herbe sur un terrain plat. Heureusement qu’il n’a pas plu du week-end ! L’initiation équivalente chez Moto Guzzi semblait plus technique si on en croit les photos partagées sur Facebook.

Col d’Allos


Pour l’après-midi, une balade dans le parc du Mercantour avec les 3 cols du secteurs : Col d’Allos, Col des Champs et retour par le Col de la Cayolle. Après quelques échanges sur Instragram, j’ai pu partager ce moment avec adv_bru06 en Multistrada 1260 Enduro et re_re_m_s en R1205GSA HP. Une balade classique autour de 2h30 sur 120 km : le road book est disponible en bas de la page. Je l’avais fait en juillet dernier mais c’est toujours un plaisir de rouler sur ces cols et surtout d’avoir des ouvreurs ! Merci les gars pour cette sortie.
Retour au festival en fin de journée pour assister aux présentations des aventuriers que j’apprécie aux travers de leurs vidéos sur YouTube : Lolo Cauchet sur la stand Yamaha avec sa Ténéré 700 et son récit Kap2cap et Ben Blake pour son dernier road trip dans les …Cévennes (c’est bon, je connais bien le sujet !) avec la V-Strom 1050 chez Suzuki. Ce sont des personnes que j’apprécie, mais je suis pas une groupie pour autant, je me voyais mal demander de faire une photo avec eux. Idem avec Bryan de Blkmrkt sur le stand Enduristan avec son ancienne Africa Twin, un plaisir de le croiser à distance.
Concernant ce salon qui s’est tenu sur 3 jours, c’était ma première venue. J’ai apprécié le côté gratuit, on peut découvrir de nombreuses choses sur un même endroit (même si Ducati était à l’autre bout de la ville pour avoir un terrain d’initiation). Beaucoup de motards présents sur place mais une bonne organisation, notamment pour se garer immédiatement devant le festival (même si certains en trail se sentent obliger de monter sur trottoirs). Il y avait un fort côté communautaire qui me divise. Par exemple, Honda organisait une balade Africa Twin, Yamaha une balade Ténéré, Moto Guzzi une balade V85TT et Ducati une balade Multistrada. Cela permet de récompenser / fidéliser les clients des marques et c’est sûrement une bonne occasion de partager des moments de convivialité sur les réseaux sociaux, mais cela met aussi une barrière avec le reste du public.
J’aurais été le premier a participé à un rassemblement Scrambler Ducati s’il y en avait eu un, mais réserver certains événements d’un salon gratuit en échange de l’achat d’une moto me dérange. Je ne me suis jamais senti autant exclu que sur le stand Yahama avec son enclos. En tout cas, les heureux propriétaires de GS se souviendront longtemps de l’absence de BMW Motorrad sur ce salon. Un comble pour un festival orienté aventure.

Jour 3 : Bonette, Moutière et les Cols Italiens

Dimanche 6 septembre, troisième et dernier jour de l’Alpes Aventure Motofestival. Départ dès 8h30 pour une balade matinale en solo. Après une petite surprise à la pompe à essence en sortie de Barcelonnette (rupture de SP98, uniquement du E10), direction Jausiers et route communale 4 pour prendre la plus haute route (goudronnée) d’Europe vers la Cime de la Bonette. Stop aux polémiques, c’est écrit sur les panneaux, je n’invente pas les informations (sommet à 2802 m).
Un classique, mais cette heure là c’est très calme et encore bien à l’ombre. Passage rapide devant « la pierre » et retour sur quelques centaines de mètres pour prendre la piste caillouteuse du Col de la Moutière. Déjà réalisée dans le sens de la montée en 2019, cette fois-ci ça sera en descente pour rejoindre Saint-Dalmas-le-Selvage. L’occasion de mettre en pratique les conseils appris la veille avec le stage off-road de la DRE Enduro Academy, notamment bloquer la poignée des gaz à deux doigts pour éviter d’accélérer quand on prend des bosses, ou tendre vers l’arrière pour passer un obstacle sur la roue avant. Quelques soucis de caméra, que j’ai éteint pensant l’allumer, pas de séquence ces passages là en vidéo. Dommage !

Piste du Col de la Moutière


Cette piste est non-revêtue sur 3 kilomètres, jusqu’au bunker du Col de la Moutière. De là, il est possible de rejoindre le bas du Col de la Cayolle par la piste de Bayasse ou d’emprunter une route plus conventionnelle et goudronnée pour revenir vers Saint-Dalmas-le-Selvage et Isola. Ça sera la suite de mon parcours après avoir tournée la séquence d’introduction de ce road trip en vidéo.
Isola (village) permet de rejoindre Isola 2000 par la M97, la station de ski du secteur. Une route que j’emprunte pour la fois fois et qui monte franchement. Ce ne sont pas épingles, mais des doubles épingles en S. A la station de ski, pas mal de monde. Ce week-end là il y a aussi un événement moto avec la FIM Trial World Championships.
La route mène jusqu’au Col de la Lombarde, frontière avec l’Italie. Après une vue sur la vallée de la Tinée, la portion de route en Italie (SP255) est très délicate. Non pas que le bitume soit abimé, mais parce que la route est très étroite : impossible pour deux voitures de se croiser. Et l’affluence un dimanche matin ensoleillé de fin vacances n’arrange pas la situation. La route est d’ailleurs limitée à 30 km/h tout le long, mais difficile d’aller plus vite avec le trafic.
Première fois en Italie à moto pour moi. Je suis surpris de croiser de nombreux groupes de motos. Des bandes, des meutes, je ne sais pas comment les décrire. Tous très bien équipés, full cuir Dainese haut en couleur, mais avec une conduite agressive, une vitesse excessive et des dépassements dangereux. Je n’ai pas l’impression qu’en France les groupes de motards soit autant indisciplinés. Ou alors je ne roule pas dans des zones sensibles. De mon côté, je profite de la limitation à 90 km/h sur ce genre de route, histoire de ne pas avoir à faire avec les autorités locales.
Suite de la balade sur la SS21 pour le Col de Larche (en un seul mot) qui ici s’appelle Colle della Maddalena et culmine à 1998 m. Le contraste est saisissant : sur la partie italienne, beaucoup de monde sur la route et de nombreux villages sont traversés. Mais à quelques mètres du sommet, tout le monde s’arrête dans les bars et restaurants italiens. Sûrement lié à l’heure autour de midi mais cela contraste avec la partie française. Le Col de Larche, nom du village côté français sur la D900 est bien isolé dans la vallée. Peu de construction, peu d’infrastructure, ce côté de la montage semble plus sauvage qu’en Italie. Je poursuis ma balade bien seul la route pour rentrer sur Barcelonnette.
Fin du week-end mais le road trip continue encore pour 4 jours ! En réalité, beaucoup ont profité de ce festival pour partir en vacances avant et donc terminer leur séjour avec le festival. Le dimanche était donc un jour de départ avec peu de monde encore sur place. J’avais beaucoup de contacts sur Instragram qui étaient là mais le dimanche après-midi les photos partagées n’étaient plus tout dans la région ! De mon côté, j’avais fait l’inverse : commencer mes vacances le week-end du festival et rester dans les Alpes la semaine suivante. Sûrement à changer pour les prochaines années ? Dans ce genre de programme, la météo a un rôle important mais elle est imprévisible. Cette année, c’était parfait, presque un peu trop chaud quand on se balade dans les allées du festival avec un équipement de moto complet.

Jours 4-5-6-7

Suite du road trip dans la deuxième partie de cet article.

Road book

Julien
Montpellier, France

Originaire du sud de la France, je partage à travers ce blog mes balades moto.